HENRI LE SIDANER (1862 - 1939)

HENRI LE SIDANER  (1862 - 1939)


Biographie

Henri Eugène Augustin Marie Le Sidaner, né à Port-Louis, Île Maurice, le 7 août 1862 et mort à Paris le 16 juillet 1939, est l'un des principaux peintres postimpressionnistes français.

Fils d'un inspecteur du Lloyd français et correspondant du bureau Veritas, mort dans un naufrage en 1881, il passe son enfance à Dunkerque et développe très tôt un don pour le dessin. Boursier de la ville de Dunkerque, il part étudier la peinture à Paris, découvre l'impressionnisme et la peinture troublante de Manet.

En 1882, Henri Le Sidaner est reçu à Paris à l'École des Beaux-Arts, puis entre en 1884 dans l'atelier d'Alexandre Cabanel, qui le soutiendra toujours. En 1885, il part s'installer à Étaples à l'auberge Joos, où il rencontrera d'autres peintres venus travailler comme lui dans la région.

En 1892, il visite l'Italie et la Hollande, où il se lie avec Fritz Thaulow et fait les portraits de jeunes hollandaises. Il quitte Etaples et s'installe à Paris au 5 rue Émile-Allez, où son voisin est le musicien Gabriel Fabre, interprète des poètes symbolistes. Il se lie à plusieurs personnalités proches du Symbolisme, telles qu'Émile Verhaeren et Georges Rodenbach ou les critiques Camille Mauclair et Roger Marx. Il y restera jusqu'en 1894, travaille dans la solitude le plus souvent et ses oeuvres de l'époque se rapprochent du réalisme sentimental d'un Jean-Charles Cazin.

En 1895, il expose chez Georges Petit, concentre son inspiration sur les effets crépusculaires et continue de détruire la plus grande partie de sa production. Succès critique pour sa première exposition personnelle à la galerie Mancini en 1897. En 1898, il expose à la Libre Esthétique à Bruxelles.

C'est sur les conseils du céramiste Auguste Delaherche que l'artiste découvrit Gerberoy, petite ville délaissée de l'Oise où il loue en 1901 une maison qu'il acheta par la suite et restaura peu à peu. Ses différents déplacements en France et à l'étranger lui avaient procuré maintes sensations intimistes. Seul Gerberoy fut propice à une création fertile en devenant presque le thème principal de son oeuvre (plus d'une centaine de toiles produites).

Dès 1901, il propose au Salon des vues de la cité, puis il se focalise progressivement sur la partie architecturale phare de la maison, à savoir la façade, ses fenêtres, ses volets. Dans la recherche de l'instant intime, de l'arrêt sur image, les toiles de Gerberoy émanent d'une douceur de vivre incomparable en même temps qu'elles déclinent selon l'heure et la saison des accords chromatiques variés. L'artiste passe le printemps et l'été de l'année 1903 à Gerberoy. C'est le début des motifs d'intérieur à la fenêtre ouverte et des tables de jardin, des crépuscules. À l'aide d'un soigneux arrangement de nature morte, le peintre décline harmonieusement la sensation du temps qui s'arrête.

Après avoir vécu près de Beauvais, à Gerberoy, il s'installe à Versailles.
Le Sidaner décède le 16 juillet 1939 à Paris d'un infarctus.

Dans la première moitié des années 1890, il rejoint le cercle des artistes symbolistes à Paris. Il développe alors un style pictural aux motifs classiques et aux ambiances mélancoliques.

Avec sa palette impressionniste et de subtils effets de lumière qui montrent souvent, à partir de 1903, le même motif peint en série à des heures et des saisons différentes, il donne à ses oeuvres une poésie inhabituelle, révélant la dimension magique de notre univers quotidien et créant une nouvelle vision des choses. Il développe un " goût des atmosphères tendres, douces, silencieuses. Il va même peu à peu jusqu'à supprimer de ses toiles tous les personnages, comme s'il craignait que la moindre silhouette humaine vienne en troubler le silence ouaté. " (Paul Signac, 1902)

Il n'est pas étonnant que l'esthétique de ses tableaux ait inspiré Marcel Proust qui évoque plusieurs fois Le Sidaner dans son cycle romanesque " A la recherche du temps perdu ". Proust l'y compare à Claude Monet qui invitera Le Sidaner à Giverny en 1918.

De son vivant, Le Sidaner participera régulièrement aux Salons de Paris (au Salon des artistes français à partir de 1887 et au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts à partir de 1894), ainsi qu'à de grandes expositions nationales et internationales, et il sera représenté par des galeries renommées.             

Le Sidaner bénéficiera en 1931 d'une importante rétrospective à Bruxelles, inaugurée par la reine Astrid. Il obtiendra maintes distinctions, lors des Expositions internationales de Munich et Pittsburgh par exemple. Membre de nombreux organismes réputés dans les milieux de l'art international, il sera également président de l'Académie des Beaux-Arts à Paris à partir de 1936.

Source : www.henrilesidaner.net





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